Pourquoi je suis partie ?
C'est ici.
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Hier soir j'ai attaqué mon premier soir au bar du théâtre de l'Eliseo. C'est un grand théâtre contemporain situé en plein cœur de la ville, qui dispose de plusieurs espaces où le public peut venir boire un verre avant le spectacle ou à l'entracte.
Je vous avais déjà précisé que j'avais trouvé ce job avant les fêtes de fin d'année, mais je crois avoir oublié de raconter comment j'ai fait. Ca vous donnera une idée de l'ampleur de ma chance.
Un ou deux jours après ma première venue dans l'appart, tout début décembre, le gardien de l'immeuble m'a interpellée pour me présenter à quelqu'un. Il s'agissait de Rachel, une Française résidant dans le bâtiment juste en face de chez moi. Nous avons discuté, sympathisé, et j'ai ainsi appris qu'elle travaillait au marketing d'un théâtre de la ville. Comme il s'agit à peu près du genre de travail que je rêverais de faire, surtout à Rome, je lui ai proposé de lui transmettre ma candidature, au cas où. Je lui ai mailé mon CV. Puis je restée sans nouvelles.
Entre-temps je suis rentrée à Paris quelques jours. Au moment de repartir, à l'aéroport, quelqu'un m'a appelée sur mon portable. Il s'agissait de Nicola, un ami de Rachel, qui travaillait lui aussi au théâtre et qui avait pris la gestion du bar de l'établissement. Il avait besoin de quelqu'un pour l'assister en cas de rush. J'étais toute excitée par cette proposition ! Moi qui rêvais de travailler dans un théâtre et qui, en même temps, ne crachait pas sur l'éventualité de bosser dans un bar... c'était comme si quelqu'un avait entendu mes requêtes, les avait croisées et me les tendait sur un plateau d'argent ! Je sais c'est écoeurant...
J'ai rencontré Nicola directement au théâtre, à l'occasion d'un concert, et nous avons discuté de sa proposition. Le job n'avait pas l'air follement compliqué, les horaires étaient vraiment cools (jamais plus tard que 21h30 !), l'équipe semblait sympathique (4 garçons mignons, ce qui ne gâche rien) et le théâtre était vraiment sympa. La totale ! Bon, ce n'était pas un boulot à plein temps, ni même à mi-temps, disons plutôt quelques heures selon les besoins. Mais l'aventure semblait alléchante ! J'ai donc évidemment accepté, en me disant que je pourrais rencontrer des gens, améliorer mon italien, travailler dans un milieu sympa et, pourquoi pas, me faire une place au chaud au théâtre !
Donc hier soir, premier service. Je suis venue au théâtre alors qu'un spectacle venait tout juste de commencer, afin que Nicola me montre les rudiments du métier. Ce n'est pas bien compliqué, mais il y a quand même quelques points qui me mettent la pression : la langue, bien sûr (« proseccho, proseccho, mais qu'est-ce que c'est ça ? »), savoir quel verre pour quelle boisson (mais ça viendra à force, j'imagine) et le pire... faire les cafés ! Parce que le café de bar, je sais faire (j'ai bossé 3 ans dans la restauration, quand j'étais étudiante), mais il ne faut pas oublier une chose : L'ITALIE EST LE PAYS DU CAFÉ ! En somme, pas le droit à l'erreur. C'est presque une cause nationale ici ! Il doit être dosé parfaitement (les Français remplissent beaucoup trop la tasse en général) et quand il s'agit d'un cappuccino, c'est encore pire, vu qu'il y a une façon bien particulière de faire mousser le lait... Enorme pression.
A l'entracte du spectacle, j'ai servi mes premiers clients. J'ai fait quelques boulettes, mais rien de grave. Je crois même que je m'en suis plutôt bien sortie ! Nicola m'a donné mon T-shirt officiel. J'aurais ma tenue de choc pour mon prochain service, samedi prochain. Jour le plus difficile paraît-il... Attention aux dégâts !
Photo de Sylviette
Publié par sylviette à 23:40:01 dans Comment je m'y suis prise (et j'ai eu du pot !) | Commentaires (0) | Permaliens
Mes amis sont étonnés de la façon avec laquelle j'ai géré toute cette histoire. Du jour où j'ai dit « je plaque tout, je vais à Rome » à celui où j'ai concrètement mis mon nom sur la boîte aux lettres de ma nouvelle maison, ils ont eu l'impression que je n'étais traversée par aucune émotion, aucun stress, aucun regret. Ceux et celles qui me connaissent bien m'ont pourtant vu pleurer maintes et maintes fois pour un oui ou pour un non. J'admets que cette fois-ci j'ai un peu mieux canalisé ma sensibilité. La raison ? L'enthousiasme tout d'abord. J'étais tellement emballée par ce qui m'arrivait que j'en ai occulté la prise de risques. J'ai du prendre des décisions fermement et rapidement, sans me laisser le temps de m'émouvoir plus que ça.
Mais je vous rassure : j'ai quand même bien flippé ! Surtout lorsque je me suis mise à réaliser que je partais et que cela devenait irréversible. C'était généralement au moment de faire mes valises (au stress naturel du départ s'ajoutait celui de la peur de ne jamais réussir à faire accepter mes 26 sacs dans le train ou l'avion), également à certains moments où je me suis retrouvée seule à tournicoter des idées dans ma tête. Il m'est en effet arrivé de ne pas réussir à dormir le soir, pour des raisons qui n'ont rien à voir, puis de me faire des bad trips un peu glauques sur mon devenir...
Le dernier jour avant mon départ, j'étais même carrément flippée. Chaque texto reçu, chaque appel, chaque petit mot sympa d'encouragement me plongeait dans un stress électrique, que je ne pouvais contenir qu'en marchant à toute vitesse dans la rue ou dans l'appart de Paris que je laissais.
Le coup de grâce m'a été donné par l'un de mes deux colocs, à qui j'avais fait mes adieux la veille au soir, et qui me disait par mail les dernières paroles gentilles qu'il n'avait pas osé me dire. Donc oui : J'AI PLEURÉ ! Par contre, je reconnais qu'une fois arrivée à Rome, les dernières traces de déchirure ont de nouveau laissé place à mon euphorie d'être là. J'y peux rien, je suis d'une nature optimiste.
Publié par sylviette à 15:46:49 dans Ce qui se passe dans ma tête | Commentaires (0) | Permaliens
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