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Partie

Les niouzes d'une expatriée à Rome

Le retour de l'impostrice | 08 décembre 2005

Ma faculté d'adaptation, mon inconscience et, il faut bien l'admettre, mes merveilleux talents d'actrice aujourd'hui confirmés me permettent parfois de briller dans des domaines que j'ignore totalement, ou presque.

Dernier exemple en date : le travail de photographe que j'ai réalisé pour une société de formation en management. Je suis partie deux jours avec un duo de "trainers" à Anguillara, un coin magnifique perché au-dessus des lacs du nord de Rome. Nous étions hébergés et rincés dans un gite qui sentait bon le fumier et le fromage, en compagnie de 26 participants tous cadres dirigeants d'une même grande compagnie italienne, et j'avais -vous rendez-vous compte- ma propre chambre double avec salle de bain privative, téléviseur, mini séjour... J'ai été présentée comme la photographe officielle du séminaire de formation, ce qui est un comble, vu que ma pratique "publique" en la matière n'a jamais dépassé le cadre de mon blog, ainsi que quelques tirages édités dans les revues que je rédigeais lorsque je travaillais en France (mais la barre n'était pas placée bien haut...). 

Et bien votre fidèle impostrice a réussi, une fois de plus, à mener son entourloupe jusqu'au bout. A quoi reconnaît-on une imposture ? Tout simplement lorsque c'est la panique à l'intérieur, lorsque l'extérieur semble parfaitement maîtriser la situation. Ainsi, dans les coulisses, une catastrophe : une photo sur deux était foirée (heureusement qu'il y a Photoshop), j'ai failli bloquer le logiciel de diaporama et perdre les morceaux de musique que j'avais rapatriés de ma clé USB. Pourtant en public,même si je n'en menais pas spécialement large, je gardais le cap et canardais à tout va en prenant parfois l'air inspiré. Et à la présentation finale, le succès : tout le monde a applaudi, les participants sont venus me demander comment faire pour se procurer le CD de la prestation, l'organisateur m'a chaleureusement remerciée, mes partenaires n'en revenaient pas, et j'ai bien savouré ma gloire toute la soirée... notamment en repensant au joli chèque remis par mon employeur, qui me permet d'un seul coup d'un seul de couvrir mon loyer du mois...

La vie d'impostrice est donc souvent généreusement gratifiée. Je reconnais qu'on ne devient pas imposteur comme cela, il faut un minimum de talent dans l'art d'endosser des rôles, d'y croire et de le faire croire aux autres. Prochaine imposture, qui n'en est plus une, vu que désormais je suis reconnue comme LA photographe officielle de ces séminaires : la semaine prochaine !

Publié par sylviette à 19:04:11 dans Comment je m'y suis prise (et j'ai eu du pot !) | Commentaires (5) |