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Les niouzes d'une expatriée à Rome

Nouveau choc culturel | 08 février 2006

Cela faisait longtemps que je ne m'étais plus penchée sur les différences culturelles entre nous et nos amis italiens. La semaine dernière, j'ai vu quelqu'un agir d'une façon qui a choqué ma petite éducation à la française.

Je venais d'ouvrir le bar, un matin, pour la représentation d'un spectacle pour enfants. Comme d'habitude, une horde de profs (principalement des femmes) se rue sur le comptoir pour me commander le classique croissant/cappuccino du petit déjeuner. Evidemment, c'est chacun pour sa pomme : c'est à celle qui aura la voix la plus forte, et que je t'interpelle dix fois jusqu'à ce que j'attire ton attention avant ceux qui font la queue, et que je te balance d'une traite ma commande quand tu as le dos tourné comme si tu pouvais m'entendre distinctement alors que déjà tu es affairée avec d'autres clients... Bref, c'est le rodéo. On en oublierait presque que ces charmantes dames sont des profs, chargées de contribuer à l'éducation des petits Italiens...

Mais mettons cela sur le compte du fort tempérament qui caractérise les femmes d'ici. Ce qui me choque vraiment, c'est la carence en phrases de politesse des clients que je croise tous les jours. Lorsque je salue, on ne me répond guère. Je n'entends presque jamais ces petits mots si difficiles à prononcer tels que "s'il vous plait" et "merci". Quant à etre saluée par quelqu'un qui s'en va, je peux toujours me brosser. J'ai l'air un peu exigeant comme ça, mais en réalité je ne demande pas que les gens soient pompeux ou exposent une courtoisie forcée. Juste un minimum. Quant je pense qu'une caissière, dans à peu près n'importe quel supermarché en France, se doit d'être courtoise avec ses clients, même s'il est en voit 500 d'affilée ! Quand je rentre dans un bar ou un resto ou n'importe où, et bien moi, je dis bonjour et au revoir. Flûte !

Pour en revenir à l'incident de vendredi dernier, j'ai vu une prof qui, voyant que j'étais affairée à la caisse du bar et que je ne pouvais donc pas m'occuper dans la seconde des 25 cappuccini des autres bonnes femmes en furie, a tenté d'attirer mon attention en claquant très fort des doigts. Vous savez, comme pour appeler un chien ou tenter de réveiller un hypnotisé... J'ai eu un léger blocage, parce que celle-là elle était bien bonne quand même, mais la nana ne rigolait pas du tout et m'a pointé furieusement le croissant qu'elle voulait afin que, en dépit de la queue, je puisse enfin la satisfaire. Hallucinant.

Bof, peut-être qu'après tout c'est moi la casse pieds, qu'ici personne ne se formalise de ce genre d'attitudes parce qu'elles font partie du quotidien de chacun et que cela semble normal aux yeux de tous. M'en fiche, je persisterai à saluer tout le monde ! Et si ça continue de tomber dans le vide, et bien tant pis, j'aurais gardé le pli jusqu'qu bout, sans jamais céder au vice de la mauvaise éducation !

Publié par sylviette à 12:15:07 dans Ce que j'ai vu et qui tue | Commentaires (6) |