• Ce matin, j'ai pris mon bus habituel (celui qui me fait passer devant le Colisée) pour aller au boulot. Je vois alors une nana enceinte monter à bord. Le bus est rempli, la jeune femme se tient debout devant moi, tandis que j'ai la chance d'avoir une place assise. Sans réfléchir, je me lève d'un bond pour l'interpeller et lui proposer généreusement de prendre mon siège. Elle me regarde, l'air offusqué, et décline sèchement mon invitation. Bon, je ne comprends pas trop mais ça ne fait rien. Je me rassois sagement, devant l'air amusé des autres passagers.



    Pour la petite histoire, j'ai réalisé 20 secondes plus tard qu'elle n'était pas enceinte, seulement un peu rondelette du bidon. Je l'avais humiliée devant tout le monde, la pointant comme une femme portant un enfant, alors qu'elle essayait peut-être de perdre son ventre depuis des mois. Et moi, bien sûr, j'étais morte de honte.




    Bravo Sylviette, tu as encore été fine cette fois-ci.

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  • Je suis fan de sushis et je crois l'avoir assez dit.


    Hier, après en avoir parlé avec des potes au Bros, l'envie de m'a pas quittée jusqu'au soir. J'ai donc traîné Luigi dans un resto japonais que j'avais déjà testé et qui s'était avéré très bon. 

    La serveuse nous installe à une table basse, celle autour de laquelle on a l'air assis en tailleur, mais qui est en fait un trompe l'oeil vu que l'on a les jambe qui pendant dans le vide. A côté de nous, un couple. Ils semblent avoir fini puisqu'ils se lèvent et quittent la table, sac et veste sous le bras. Et là, mes yeux bloquent direct sur leur assiette : elle est encore presque pleine de sushis et autres makis a l'aspect délicieux.




    Ce genre de situation me rend folle. Comment peut-on laisser des mets aussi précieux ? Comment peut-on en être rassassié ? C'est inhumain, et en plus ça coûte tellement cher !

    Je regarde Luigi d'un air horrifié, et lui comprend aussitôt : on ne peut pas laisser faire pareille calomnie. J'insiste pour qu'il me déroble un sushi au thon, mais lui ne le sent pas trop. Ca ne se fait pas, il y a des gens autour de nous, c'est très mal élevé. Mais j'insiste tellement qu'il cède et m'attrappe le précieux aliment. Personne ne semble nous avoir vus, alors il en prend un autre pour lui. Après tout, quel mal y a t-il à cela ? C'est toujours ça de moins à jeter à la poubelle !

    Luigi remarque alors que le couple a oublié un pull près de la table. Nous appelons la serveuse, pour le lui signaler, et elle nous répond : ce pull n'a pas a été oublié, les clients sont juste sortis... pour fumer une cigarette ! Et oui, en Italie, on ne peut plus fumer dans les lieux de ce type...




    Vous imaginez le coup de bambou. Je me suis sentie très mal, comme si j'avais volé (ce qui était le cas finalement) le repas de ces pauvres gens... Luigi rigole, moi beaucoup moins... Comment peut-on sortir et laisser pareilles merveilles dans son assiette, comme si de rien n'était ? Les gens n'ont donc pas peur ?...

    Heureusement, à leur retour, les clients ne se sont rendus compte de rien. Ils ont continué à manger un peu, sans même finir leur assiette.




    Moralité : c'est bien d'avoir des passions, à condition qu'elles n'empêchent pas les bonnes manières.

    Moralité 2 : Sylviette, il conviendrait à l'avenir de choisir une passion moins onéreuse !

    En tout cas c'est promis, je ne recommencerai plus.


    Photo de Sylviette

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  • J'en ai une bien bonne.


    Cela fait des mois que je me dis qu'il faut que je m'occupe de ma sécurité sociale et de ma couverture maladie en général. En effet, c'est plutôt léger de ce côté-là : je suis encore affiliée à la sécu française mais je n'ai plus de mutuelle. De plus, si je veux me faire soigner, je dois m'adresser à un médecin conventionné, dont le nom ne peut m'être fourni que sur demande auprès d'une antenne médicale municipale.

    Or jusqu'à présent je touche du bois. Je n'ai pas été malade une seule fois depuis que je suis arrivée, c'est-à-dire depuis le mois de janvier, je n'ai donc jamais eu besoin d'aller me faire soigner. Il est certain que dans dans ce genre de situation, on a encore plus de mal à se motiver dans ses démarches pour régulariser sa situation. Surtout qu'aujourd'hui, avec la reprise du boulot, je n'ai plus le temps.




    Et bien en ce moment, je me retrouve à faire nuit blanche, devant mon ordinateur, parce qu'un mal de dents épouvantable s'est saisi de la moitié de mon visage et de mon cerveau depuis hier soir. Ca fait un mal de chien, et je n'ai pas réussi à fermer l'oeil de la nuit.




    J'ai l'air con maintenant ; je n'ai même pas de médecin ou de dentiste où aller. 

    J'attends patiemment que sonnent les 8 heures pour courir à l'antenne médicale du coin et savoir à qui je peux m'adresser pour ne pas payer d'honoraires. Et si ils me disent que je ne peux pas avoir de rendez-vous chez un dentiste dans la journée, je sens que ma tête va s'auto-détruire. Il faudra alors que je consulte un dentiste quelconque et que je raque plein pot.




    Bravo Sylviette. Une fois de plus, ta négligence t'aidera à vider ton porte-feuilles. 

    C'est déjà pas assez difficile comme ça. 

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  • J'adore les transports en commun. C'est démocratique, écologique et en plus convivial. On y voit des scènes de vie uniques, on cotoie des inconnus et on se mélange sans a priori. Ce que j'aime tout particulièrement, quand j'emprunte le métro, le bus ou le tram, c'est imaginer une vie, un passé ou un destin à mes voisins, souvent une vieille dame silencieuse ou un homme pensif, un col blanc à l'air sérieux ou un ado percé de partout.



    Le bus que je prend tous les matins, le 87, est un exemple en la matière. Parce qu'il dessert des zones stratégiques, il ramasse une tripotée de gens et, ce qui ne gâche rien, passe par des endroits merveilleux. Le Colisée, notamment, est l'une des étapes du voyage dont je ne me lasserai jamais.




    Cependant, entre deux émerveillements, je dois dire que parfois j'en ai ras-le-bol. 

    Mais alors RAS LE BOL !!

    L'autre jour, je l'ai attendu tellement longtemps que j'ai du envisager un autre moyen pour aller au travail. Une fois, avec mes copines françaises de passage, on l'a attendu 50 minutes (alors qu'il est prévu toutes les 8 minutes...). Et forcément, quand on l'attend longtemps, il arrive plein à craquer et prêt à exploser. 




    Vive le vélo.

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  • J'ai donc eu mon fameux entretien hier matin.


    Déjà, en me levant, je savais que je faisais une connerie. J'ai même croisé Emanuele dans la cuisine et lui ai fait part de mes doutes. Mais qu'est-ce que je vais fabriquer à Tivoli ? A une heure de train de Rome ? N'importe quoi ! J'y suis pourtant allée, en essayant de me convaincre qu'un entretien est toujours bon à prendre et peut au moins faire office d'entraînement.


    Après 20 minutes de métro, j'arrive à la gare ferrovière de Tiburtina. Je vais en hâte acheter mon billet (ouf, 2,50 euros...) et là, je vois sur les écrans lumineux que mon train arrive en quai. Je me mets alors à courir comme une débile, affolée de constater à mesure que j'avance que ledit quai est le dernier, au bout de 200 mètres de couloirs souterrains. Je n'ai pas le temps de composter mon billet mais tant pis, l'essentiel est que je parvienne à monter dans le train pour ce fichu entretien. Il faut juste que j'agrippe un contrôleur afin de lui expliquer pourquoi mon billet n'est oblitéré. Sauf que visiblement, en Italie, ce genre de situation ne constitue pas une circonstance atténuante. En d'autres termes, je me suis retrouvée à payer une amende de 25 euros. Vous imaginez bien que j'avais les boules. 
    - Ca ne marche donc pas comme en France ?
    - Non signorina, un billet doit être composté quoi qu'il arrive.
    - Et quand on est en retard parce qu'il y a eu la queue au guichet et qu'on monte dans le train en urgence ?
    - Un billet s'achète à l'avance. Ce n'est pas de notre faute si vous vous y prenez au dernier moment.
    Et vlan.
    J'ai eu beau faire mon cinéma, ça n'a pas pris. Et je peux vous dire que cela m'a arraché le coeur de devoir raquer 25 euros, soit une jounée de salaire, pour une faute que j'estime ne pas voir commise.
    A peine le contrôleur hors de ma vue, un passager qui avait suivi toute la scène, me dit : "mais pourquoi n'avez-vous pas noté avec un stylo sur votre billet la date et l'heure de votre départ ? Ils ne vous auraient pas verbalisée"... Cette remarque m'a légèrement froissée : c'était donc aussi simple que cela ? Et j'aurais pu éviter de débourser ? Quel système à la con quand même...
    Le comble est lorsque j'ai levé le nez pour voir à quelle station je me trouvais, et que j'ai constaté avec effroi que nous étions encore à Rome. Autrement dit, j'aurais parfaitement pu montrer ma carte mensuelle de transports en commun. Et alors j'aurais été parfaitement en règle.


    Passons sur cet incident, qui m'a passablement mise de mauvaise humeur. Arrivée à mi-parcours, au bout d'une demi heure de train, je lis sur les panneaux que nous sommes arrivés à la station Bagni di Tivoli. Tiens, bizarre, on serait déjà aux portes de Tivoli ? Je croyais que c'était 54 minutes de train pour aller jusque là... Prise d'un doute, alors que le train repart, je téléphone à l'entreprise avec laquelle j'avais rendez-vous et demande de me confirmer où je dois descendre. Comme vous vous en doutez, la réponse était Bagni di Tivoli. Je descends donc, dépitée, à la station suivante et attend le train dans l'autre sens... pendant une demi-heure. La tension commence à monter. J'ai encore cette fichue amende en travers de la gorge, et en plus je me suis trompée d'arrêt. 


    Une fois arrivée à bon port, je pars à la recherche de l'entreprise. Alors, alors, un centre commercial qu'ils m'ont dit... J'en vois un, effectivement, mais il semble désert... Je tourne un peu, et voyant que j'ai déjà un quart d'heure de retard, j'appelle de nouveau pour savoir où se situe exactement mon lieu de rendez-vous. Comme si je n'étais déjà pas assez stressée et énervée, mon téléphone m'avise que je n'ai plus de crédit... et don que je ne peux pas appeler !
    Bref, je vous passe les péripéties pour trouver un tabac ouvert et vendant des cartes rechargeables. Quand enfin je pousse la porte du bureau, je suis grave en retard et j'ai des auréoles sous les bras.


    A part tout cela, l'entretien s'est très bien passé. Il s'agit de la filiale italienne d'une boîte française, qui fabrique des produits d'entretien ou quelque chose dans le genre, et qui cherche quelqu'un pour coordonner l'activité des agents sur l'Italie. Il y a un peu d'import-export, de comptabilité, de secrétariat de base. Bref, un domaine qui m'est inconnu, qui n'a pas l'air bien difficile si l'on est organisé, mais qui hélas ne m'intéresse absolument pas. C'est pourtant un bon plan : le salaire est correct (1000 euros à l'embauche, je peux vous dire que c'est bien pour ici) et il y a un CDI à la clé. Par contre c'est un peu loin de chez moi, et même pas à Rome... mouais... Eux en tout cas ont l'air intéressés, puisque je suis convoquée pour un deuxième entretien vendredi matin avec le big boss français. L'ennui est que je suis à peu près sûre que ce job m'ennuiera à mourir, et ça, croyez-moi, il n'y a rien de pire.


    Je me laisse cette nuit pour réfléchir, et demain je vois si j'appelle ou non pour annuler l'entretien. Vous me direz : mais pourquoi ne tentes-tu pas le coup ? Après tout, tu n'as rien d'autre en vue non ?


    Et bien là vous vous trompez. J'ai peut-être même le boulot de mes rêves à portée de main.


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