• J'ai lu dans une revue féminine un article très intéressant sur ceux que l'on appelle aujourd'hui les milleuristi (mille-euristes), baptisés ainsi en raison de leur salaire. A ma grande surprise, l'article résumait exactement ce que j'ai toujours constaté et déploré par rapport à la situation des jeunes actifs d'Italie. En gros, il est écrit que les mille-euristes constituent presque une classe sociale à part entière, composée de personnes âgées de 20 à 40 ans, diplômées et même souvent lauréats d'un master, et dont le salaire s'élève péniblement jusqu'à 1000 euros (s'ils ont de la chance). Mais ce qui les unit encore plus est l'absence de garantie pour le futur, une incertitude qui repousse toujours plus le départ de la maison familiale et rend impossible l'élaboration de projets d'avenir.


    Cette situation s'avère d'autant plus difficile que la vie coûte à l'inverse beaucoup plus cher qu'avant. Loyer (nécessairement en coloc) + charges + téléphone portable + carte de transport + courses = 700 euros par mois ! Quand on sait que les salaires proposés pour un emploi à plein temps qui n'est pas d'encadrement volent en moyenne entre 800 et 1000 euros, ça laisse peu de marge en cas de pépin.


    Alors il est vrai que beaucoup d'Italiens vivent sur les acquis de leur famille, soit parce qu'ils vivent dans un appartement acheté pour une poignée de lires il y a vingt ans, soit parce qu'ils ont hérité de la voiture familiale, soit parce que tout simplement ils reçoivent tous les mois une enveloppe qui leur permet de vivre décemment, même sans travailler (cas de nombreux étudiants). Or il y a aussi ceux qui se débrouillent vraiment tout seuls, et ceux-là survivent plus qu'ils ne vivent.


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  • Il a été diffusé par Canal plus il y a deux ans sous le titre "Nos meilleures années". C'est l'histoire de deux frères aux aspirations complètement différentes, qui grandissent et changent au rythme des événements qui ont marqué l'histoire de l'Italie depuis les années 60 jusqu'à nos jours. Ca dure six heures (deux DVD...) mais c'est génial.


    A part ça, j'ai parié 10 euros sur la France pour le match de samedi. Si elle gagne, je récupèrerai 45 euros... Je sais, une misère, mais ça me permettra d'acheter quelques bouteilles pour mon départ.


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  • Aujourd'hui est un jour férié seulement à Rome. Ce matin, tandis que j'enfilais mon maillot de bain, prête à sauter sur le scooter qui venait me chercher pour filer à la plage, j'ai réalisé à quel point c'était commode d'habiter à proximité de la mer.

    Mine de rien, le compte à rebours va bon train : plus que cinq jours avant le grand départ. Je parle comme si j'allais partir en fusée sur une autre planète, ce qui n'est pas tout à fait faux quand on y pense. Je ne stresse plus pour les détails techniques du déménagement, je m'en fous en fait.

    Mon amie Aurélie, qui m'hébergera tout le mois de juillet, m'a envoyé un mail avec les recommandations concernant l'appart, les clés, la gardienne... Parce que le jour de mon arrivée, elle sera en convention à l'étranger et que j'arriverai dans un appartement vide. Elle est vraiment adorable, j'ai même appris qu'elle était en train d'organiser une petite fête en mon honneur avec tous nos potes en commun.

    J'ai aussi reçu des nouvelles d'une ex-collègue de mon ancien travail à Evry, qui m'a demandé de lui adresser un CV et une lettre de candidature spontanée... En effet, un poste se libère (celui que j'occupais avant d'ailleurs...) et si je le souhaite je peux peut-être réintégrer l'équipe. Ironique non ? Le chef est le même qu'il y a deux ans, j'aurais toutes mes chances. J'ai hésité deux secondes, si je me souviens bien j'avais fini par détester mon travail et j'étais partie de là-bas avec soulagement. Or maintenant la donne a changé, mon expérience en Italie m'a fait comprendre ce que je veux faire de ma vie et m'a permis de relativiser un tas de choses. Je me suis donc exécutée, j'ai envoyé mon CV.

    Il est bien loin, le temps où je servais des salades à Trastevere, où je me rendais nonchalament à Parioli pour donner des leçons de français. Il va falloir bosser maintenant !

    Photo de Sylviette


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  • Mon pote Mathieu, après des mois de galère à Rome, a finalement trouvé en juin un job à peu près décent, avec contrat et tout et tout. Remotivé, il a alors fait une demande de prolongation de son congé sabatique auprès de sa boite en France, qui le lui a accordé. Trois semaines plus tard, ses employeurs l'ont viré. Ils se sont rendus compte qu'ouvrir un magasin et employer quelqu'un pour l'animer allait leur couter très cher, ils ont donc tout naturellement changé d'avis et décidé de faire eux-meme les vendeurs. Désormais le petit Mathieu se retrouve bien ennuyé, après avoir annoncé en France qu'il décidait finalement de rester à Rome, et pris par l'urgence de trouver un nouveau job dans les plus brefs délais. Ce qui est loin d'etre gagné, vu qu'on est presque en juillet.

    Malgré cela, Mathieu en veut. Il se lève aux aurores pour relancer toutes les agences d'intérim, guetter les annonces dans le journal et veiller attentivement les sites d'emploi sur le net, en prenant soin de se rendre toujours disponible au cas où on l'appellerait pour un entretien.

    Il y a de quoi le plaindre et l'admirer, pourtant, moi il me fait RIRE. Rien de cynique là-dedans, c'est juste que le Mathieu en question traverse les difficultés avec un mélange de hargne et de dérision, de courage et de déconcertation, certes blasé mais toujours très digne .
    Hier au téléphone, j'ai eu droit à quelques phrases mythiques :
    " L'Italie c'est vraiment très joli, mais je ne pensais quand meme pas que j'allais me crever le cul à ce point-là"
    " Quand je me compare aux autres, j'ai l'impression d'avoir la pire des situations"
    " On est 10 millions de Français dans cette ville, il y a trop de concurrence ! Meme par la fenetre de ma chambre, et on ne peut pas dire que j'habite dans le centre, j'ai l'impression d'entendre parler français toute la journée !"
    Et aujourd'hui par texto : "demain ne vient pas avant 12h30, parce qu'à 11h j'ai un entretien (ouais super, quelle vaste blague !)".

    Il faut toujours avoir de l'humour en réserve lorsque l'on traverse une période de crise. Mathieu le fait à merveilles, et sans s'en rendre compte.


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