• Rome c'est beau, mais...


    Tous les dimanches soirs, je travaille au bar dans le cadre des apéros organisés par l'Eliseo Café. Ca peut être sympa comme très chiant : sympa quand la prestation musicale, théâtrale ou autre met de
    l'ambiance et que le peuple consomme, chiant quand il s'agit d'une performance ou d'un café littéraire intellos, qui font mourir d'ennui aussi bien moi (je me transforme en piquet de bar) que le public, qui ne fait généralement pas long feu.

    Dimanche dernier c'était plutôt sympa, d'autant plus que j'ai eu la bonne surprise d'apercevoir des gens que je connaissais. Parmi eux, Mathieu, le petit Français rencontré il y a quelques mois à travers mon blog. Et oui, mes échanges sur le net ne sont pas toujours stériles !

    Pour la petite histoire, Mathieu est de ceux qui ont décidé de s'expatrier pour se faire une expérience à l'étranger. Il est d'origine italienne et parle très bien la langue, donc pas trop de soucis pour s'adapter, il a organisé assez minutieusement son arrivée, donc pas de mauvaises surprises à l'atterrissage, et surtout, il s'est arrangé pour partir dans des conditions telles qu'il pourra retrouver sa situation inchangée lorsqu'il rentrera au bercail. Et oui, il est malin : si ça foire à Rome, il pourra toujours rentrer et reprendre le train en marche, vu qu'il est... fonctionnaire ! Il a négocié un congé sabatique avec garantie de reprendre son poste un an plus tard. Et pour couronner le tout, son appart l'attend bien sagement là où il l'a laissé, privilège incontestable qui rend le choc de l'expatriation plus doux.

    C'est un type sympa, qui a la tête sur les épaules, et qui n'hésite pas à soulever les problèmes que posent la démarche de débarquer dans une ville telle que Rome. Ca me fait rire parce qu'il le clame haut et fort : Rome c'est bien, mais quelle galère ! Niveau boulot surtout. Avec son niveau d'italien et son diplôme de tourisme en poche, il pensait décrocher quelque chose assez rapidement. Au lieu de cela, il a mis des mois avant de trouver un job de vendeur dans une boutique de fringues, qui ne lui propose que des contrats d'un mois à répétition. Il avait certes quelques exigences, ne pas travailler dans un restaurant par exemple, mais je crois que la désillusion a été rude. Pourtant il cherche vraiment, plus que moi lorsque je suis arrivée en tout cas ! Le pauvre, il semblerait en plus que le fait d'être un garçon ne l'aide pas beaucoup. C'est vrai après tout, les entreprises ont tendance à voir exclusivement les filles dans des postes de secrétaire, vendeuse, agent d'accueil...Et en ce qui me concerne, je reconnais que le fait d'être une nana m'a très certainement beaucoup aidée dans ma quête d'emploi à Rome.

    En attendant, c'est sympa de pouvoir parler de ces choses-là avec un compatriote. Peut-être que, sans le savoir, je le stimule et lui donne envie de continuer. Et réciproquement ! Les gens autour de nous ne se rendent pas compte à quel point c'est dur, même pour quelqu'un qui a l'air bien intégré, d'affronter seul les obstacles de l'expatriation et les conséquences sur soi du déracinement.

    Photo de Sylviette

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